VOS QUESTIONS FREQUENTES SUR L'ANESTHESIE

Votre chirurgien vous informe que vous devez subir une intervention chirurgicale sous anesthésie.

Votre anesthésiste vous offre souvent le choix de l'anesthésie : Anesthésie Générale ou Anesthésie Loco Régionale. Comment choisir entre ces techniques ?

Quelle est la personne la mieux placée pour me conseiller sur mon anesthésie ?

C'est évidemment votre médecin anesthésiste.

Grâce à sa connaissance des différentes techniques et à sa formation spécialisée, il est le plus apte à vous conseiller et à personnaliser vos soins anesthésiques.

L'ANESTHÉSIE GÉNÉRALE

Qu'est-ce que l'anesthésie générale ?

C'est l'anesthésie où vous êtes complètement endormi. Un médecin anesthésiste vous administre des anesthésiques à travers une perfusion (goutte à goutte à travers une tubulure), qui vous rendent inconscient, insensible à la douleur.

L'anesthésie générale est donc un état de perte de conscience, un état réversible bien sûr, maîtrisé par le médecin anesthésiste.

Ce médecin, avec l'aide d'un personnel qualifié, l'infirmier(e) anesthésiste et d'appareils de surveillance, veille au bon déroulement de l'anesthésie durant la chirurgie. Ils veillent sur vous pendant que vous dormez en contrôlant votre respiration, votre pression artérielle, votre état d'hydratation et la température de votre corps. Ils s'assurent que vous dormez profondément.

Les anesthésiques sont extrêmement puissants et précis, ils ont des effets importants sur vos fonctions vitales, ils doivent donc vous être bien administrés en tenant compte de vos propres réactions physiologiques qui peuvent être sensiblement différentes selon les personnes.


L'ANESTHÉSIE LOCALE

Qu'est-ce que l'anesthésie locale ?

L'anesthésie locale agit sur une très petite partie du corps. Elle ressemble beaucoup à l'Anesthésie Loco Régionale car on utilise les mêmes médicaments appelés anesthésiques locaux.

C'est une forme d'anesthésie qui est volontiers réservée à des petites interventions chirurgicales.

Il en existe plusieurs types :

  • L'anesthésie par infiltration est essentiellement utilisée pour opérer des lésions peu étendues et peu profondes, dites de petite chirurgie. La solution d'anesthésique local est injectée directement dans la zone chirurgicale, par exemple pour suturer une plaie superficielle. En général, la présence d'un médecin anesthésiste n'est pas requise.

  • L'anesthésie de contact des muqueuses permet, sans douleur ni réflexe, la réalisation de gestes délicats au niveau des muqueuses de la bouche, de la gorge et du nez, du sexe…L'anesthésique local est soit pulvérisé soit appliqué sous forme de gel.

  • L'anesthésie de contact de la peau assure une analgésie sans piqûre préalable pour les actes de chirurgie cutanée superficielle et toutes les ponctions. L'anesthésique local se présente sous forme de crème (crème EMLA) appliquée en couche épaisse 1 heure environ avant le geste à réaliser. Elle est souvent utilisée chez les enfants.

L'ANESTHÉSIE LOCO RÉGIONALE

 

Qu'est-ce l'Anesthésie Loco Régionale ?

L'Anesthésie Loco Régionale est l'anesthésie d'une partie déterminée du corps (les jambes, le bras…).

Elle consiste à injecter un anesthésique local à proximité des nerfs qui innervent la zone à opérer, pour rendre cette partie du corps insensible à la douleur.

Les anesthésiques locaux bloquent de façon transitoire et réversible les fibres nerveuses qui constituent les nerfs. L'Anesthésie Loco Régionale endort ainsi une zone beaucoup plus étendue qu'une anesthésie locale.

Une Anesthésie Loco Régionale se pratique à différents niveaux du système nerveux central et/ou périphérique en fonction du territoire concerné et de l'indication, que celle-ci soit chirurgicale ou à visée antalgique comme l'accouchement ou le traitement de la douleur.

Comme l'Anesthésie Générale, l'Anesthésie Loco Régionale est pratiquée par un médecin anesthésiste spécialement formé à la réalisation de ces techniques. Ces gestes exigent de la précision de la part de l'anesthésiste, et une bonne coopération du patient.

Qu'est-ce l'Anesthésie Épidurale ou Péridurale ?

L'anesthésie épidurale est une Anesthésie Loco Régionale qui consiste à faire une ponction entre deux vertèbres et à placer une aiguille près d'une membrane appelée dure-mère. Il s'agit d'un geste qui exige de la précision de la part de l'anesthésiste, et une bonne coopération du patient.

Cette ponction est peu douloureuse car une bonne anesthésie locale est pratiquée avant le geste.

L'anesthésiste peut aussi placer un cathéter pour administrer des médicaments anesthésiques dans l'espace péridural, pour prolonger l'anesthésie ou contrôler la douleur postopératoire.

La péridurale (ou épidurale) est aussi une méthode d'anesthésie et d'analgésie (pour le travail de l'accouchement ou pour une césarienne) qui est extrêmement populaire en raison de sa sécurité et de son efficacité pour la mère et son enfant.


Qu'est-ce que l'anesthésie rachidienne ou rachianesthésie ?

L'anesthésie rachidienne ressemble beaucoup à l'anesthésie épidurale, c'est également une Anesthésie Loco Régionale. Une aiguille très fine est placée un peu plus loin à travers la dure-mère. Par l'aiguille s'écoule le liquide céphalo-rachidien, comme dans une ponction lombaire.

L'injection d'anesthésiques locaux à travers l'aiguille entraîne une anesthésie extrêmement rapide et de très bonne qualité.

La rachianesthésie est une forme d'anesthésie qui connaît un renouveau en raison de l'utilisation d'aiguilles de tout petit calibre (comme un cheveu), qui ont diminué de façon sensible l'incidence des maux de tête (céphalées post-ponction lombaire). Le risque de développer une céphalée post-ponction lombaire est de moins de 1% après une épidurale ou une rachianesthésie.

Lorsque des maux de tête surviennent après une péridurale ou une rachianesthésie, il existe des traitements extrêmement efficaces pour ce problème.

Ces céphalées durent habituellement quelques jours, et s'estompent graduellement. Pour certaines personnes, ces céphalées peuvent gêner une activité normale; en cas de problème, consultez votre anesthésiste, votre hôpital ou votre clinique.

Les maux de dos peuvent survenir. Ils durent rarement plus de 2 jours et la plupart du temps, ils ne sont pas dus à a ponction mais, par exemple, à la position sur la table d'opération.

Le risque de développer un accident grave comme une paralysie des membres est exceptionnel. D'ailleurs avant de pratiquer une épidurale ou une rachianesthésie, votre anesthésiste s'assurera que vous n'avez aucune contre-indication.

Est-ce que l'Anesthésie Loco Régionale est un bon choix à envisager pour ma chirurgie ?

Cela dépend de plusieurs facteurs : votre état de santé, le type d'intervention chirurgicale prévue, de votre préférence, etc...

Ce que l'on peut dire, c'est que la plupart des interventions chirurgicales peuvent se pratiquer sous Anesthésie Loco Régionale ou bénéficier d'Analgésie Loco Régionale pour le confort postopératoire.


Pourquoi certaines personnes préfèrent-elles l'Anesthésie Loco Régionale à l'Anesthésie Générale ?

Pour de nombreuses personnes le fait de perdre conscience ou de perdre le contrôle est quelque chose d'angoissant. Elles ont peur de ne pas se réveiller.

De plus bien qu'étant une technique bien éprouvée et très sûre, l'Anesthésie Générale est associée à plusieurs effets secondaires : les nausées, les vomissements, les troubles de la mémoire, les maux de gorge. Ces effets sont légers et ont une durée habituelle de moins de 48 heures.

L'Anesthésie Loco Régionale n'a généralement pas ces effets secondaires. Il faut noter toutefois une période de sensibilité au niveau du site de l'injection qui peut durer quelques jours.

L'Anesthésie Loco Régionale est souvent proposée aux patients âgés, ou aux patients souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires et pour la chirurgie périphérique comme la chirurgie des membres.

Pour les autres patients, ceux qui sont en bonne santé, c'est un choix fait par le malade avec son médecin anesthésiste.

Toutefois, certaines personnes préfèrent l'anesthésie générale, car elles sont très anxieuses. Elles ont peur d'entendre ou de voir pendant l'opération, ou ont peur de la piqûre. Chez certains patients très angoissés, l'Anesthésie Générale est souvent préférable parce que l'Anesthésie Loco Régionale demande une certaine collaboration de la part des patients. C'est pourquoi cette forme d'anesthésie n'est que rarement pratiquée chez les enfants sans Anesthésie Générale au préalable.


Comment me sentirai-je durant l'Anesthésie Loco-Régionale ?


Il s'agit d'une sensation difficile à décrire.

La partie du corps anesthésiée est complètement insensible à la douleur : vous ne la sentez plus. Vous en perdez l'usage ou la fonction de mouvement, vous perdez même le sens de la position dans l'espace de cette partie du corps (proprioception).

En fonction de votre degré de confiance, vous pourrez vous tenir informé sur les étapes de l'intervention chirurgicale ou même suivre l'opération sur un écran de télévision.


Si vous désirez ne pas entendre les bruits de la salle d'opération, vous pouvez disposer d'un baladeur vous permettant d'écouter de la musique.

Certaines personnes préfèrent recevoir une sédation légère afin de sommeiller, pour diminuer leur anxiété.

Votre anesthésiste et l'infirmer(e) anesthésiste sont là pour assurer votre sécurité bien sûr, mais également votre confort pendant l'intervention chirurgicale.

Il fait parfois assez froid dans les salles d'opération modernes, car il est nécessaire de changer rapidement l'air pour le purifier. Il existe plusieurs types de couvertures chauffantes qui peuvent être placées sur vous pour améliorer votre confort.



Comment est réalisée l'Anesthésie Loco Régionale ? Est-ce douloureux ou inconfortable ?

Tout d'abord, le médecin anesthésiste vous place dans une position confortable (pour lui mais aussi pour vous) afin de pratiquer l'anesthésie : assis, couché sur le côté, couché sur le ventre, etc... On vous pose une perfusion et le matériel de surveillance de l'anesthésie (mesure de la pression artérielle et de l'activité cardiaque).

Après avoir nettoyé la zone (avec un savon antiseptique spécial) où se fait le bloc nerveux, le médecin anesthésiste fait souvent une petite anesthésie locale de la peau pour améliorer votre confort. Il s'agit réellement de votre confort car les techniques d'Anesthésie Loco Régionale sont généralement très peu douloureuses.

Puis, en utilisant une aiguille, il injecte les anesthésiques locaux près des nerfs de la zone à insensibiliser puis surveille la progression de l'insensibilisation de cette zone. Lorsque l'insensibilisation est totale, la zone est totalement anesthésiée.

 

Est-ce que l'Anesthésie Loco Régionale est longue à réaliser ?

Le temps que les nerfs prennent à devenir insensibles dépend de l'anesthésique local utilisé et du type de bloc nerveux pratiqué.

Par exemple, la lidocaïne prend environ 10 à 15 minutes et la bupivacaine prend 15 à 30 minutes. Dans le cas de l'anesthésie rachidienne (qui ressemble à une ponction lombaire), l'anesthésie est très rapide (quelques minutes à peine), car le médicament est en contact très intime avec les nerfs.

Est-ce que l'Anesthésie Loco Régionale dure longtemps ?

La durée dépend du type d'anesthésique local, de l'utilisation d'adjuvants et du type de blocs nerveux .

La lidocaïne ou la mépivacaïne sont des agents à action intermédiaire (2 à 3 heures), la bupivacaïne ou aujourd'hui la ropivacaïne, sont des agents à longue durée (6 à 7 heures voire plus).

Certains types de blocs durent plus longtemps que d'autres, ainsi l'emploi de bupivacaine et d'épinéphrine dans le cas d'un bloc des nerfs du bras (plexus brachial) donne une analgésie qui dépasse les 12 heures.

L'anesthésiste peut également décider de poser un cathéter pour prolonger l'analgésie postopératoire. Ce cathéter permettra de réinjecter des anesthésiques locaux près du nerf pendant plusieurs jours sans avoir à vous repiquer.

Quels sont les avantages et les désavantages de l'Anesthésie Loco Régionale ?

Le premier avantage est celui de demeurer conscient. Vous ne ressentirez aucune douleur et vous aurez l'esprit lucide après la chirurgie.

Si vous bénéficiez d'une chirurgie dans un contexte ambulatoire, vous pourrez souvent quitter plus tôt l'hôpital en ressentant moins de douleur.

Vous aurez moins de risque d'avoir des nausées et des vomissements.

Si vous êtes âgé, ou si vous avez une maladie cardiaque et respiratoire importante, cette forme d'anesthésie peut permettre plus facilement la réalisation de la chirurgie avec moins d'inconvénients; souvent votre chirurgien souhaite cette forme d'anesthésie pour la chirurgie proposée.

L'Anesthésie Loco Régionale nécessite votre collaboration, vous devez donc essayer d'être détendu pendant que l'anesthésiste procède à la technique d'Anesthésie Loco Régionale.

Le point de ponction de l'aiguille peut être sensible pendant quelques jours.

Quelles sont les complications de l'Anesthésie Loco Régionale ?

Les complications très graves, l'arrêt cardiaque, la dépression respiratoire, la paralysie et les convulsions sont extrêmement rares.

Le médecin anesthésiste a été formé pour faire face à ces problèmes sérieux. Il est à votre côté durant l'intervention, et il a à sa disposition tout le matériel de surveillance et de réanimation s'il survenait le moindre problème.

Les principales complications sont les douleurs au point de ponction de l'aiguille, de même nature que la douleur au pli du coude que l'on peut ressentir après avoir donné du sang.

Est-ce que je peux souffrir de maux de tête après une ponction lombaire ?

L'utilisation d'aiguilles de tout petit calibre, a diminué de façon sensible l'incidence des céphalées post-ponction lombaire.

Aujourd'hui,
le risque de développer une céphalée post-ponction lombaire est inférieur à 1% après une épidurale ou une rachianesthésie).

Si vous deviez développer une céphalée post-ponction lombaire après une épidurale ou une rachianesthésie, vous devez savoir qu'il existe des traitements extrêmement efficaces pour ce problème.

Ces céphalées ont une caractéristique vraiment particulière, ce sont des céphalées qui sont plus douloureuses en position verticale, et qui sont beaucoup plus tolérables en position couchée. Ces céphalées durent habituellement quelques jours, et s'estompent graduellement. Pour certaines personnes, ces céphalées peuvent retarder le retour aux activités normales; en cas de problème, consulter votre anesthésiste, ou votre hôpital.


L'ANESTHÉSIE

Est-ce que je peux être paralysé à la suite d'une anesthésie ?

Le risque de développer une paralysie des membres est extrêmement faible : moins de 1 sur 50000.

D'ailleurs avant de pratiquer une épidurale ou une rachianesthésie, votre anesthésiste s'assurera que vous n'avez aucune contre-indication
.

 

Quels sont les effets secondaires d'une anesthésie ?

L'Anesthésie Générale est associée à plusieurs effets secondaires : les nausées, les vomissements, les troubles de la concentration, les maux de gorge. Ces effets sont légers et ont une durée habituelle de moins de 48 heures.

L'Anesthésie Loco Régionale n'a généralement pas ces effets secondaires. Il faut noter toutefois une période de trouble de la sensibilité au niveau du site de l'injection qui peut durer quelques jours.

L'Anesthésie Loco Régionale est souvent recommandée pour les patients âgés, ou les patients souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires.

L'allergie en anesthésie

Les mécanismes biologiques.

Ils sont sont complexes, le phénomène principal est la libération d'histamine par certaines cellules de l'organisme (mastocytes et polynucléaires basophiles). Cette substance va se fixer sur des cibles appelées récepteurs H1 présents les vaisseaux et les bronches et les récepteurs H2 que l'on trouve sur la paroi de l'estomac, les polynucléaires basophiles et les vaisseaux. La cascade de réaction est déclenchée par la stimulation de ces récepteurs. De nombreuses autres substances, en dehors de l'histamine peuvent avoir un rôle, en particulier celles que l'on appelle les prostaglandines.

Les manifestations

90% des allergies aux produits anesthésiques sont immédiates et apparaissent dès l'injection des produits anesthésiques, avant le début de l'intervention chirurgicale.

  • Les réactions les plus fréquentes sont mineures et se présentent sous la forme d'une urticaire au niveau du cou ou de la poitrine qui peut se généraliser à tout le corps rapidement.
  • Le choc anaphylactique est une réaction dramatique où apparaissent une défaillance cardiaque et un spasme bronchique.

La tension artérielle s'effondre et le cœur s'accélère TA à (4 et pouls à 180). Les manifestations respiratoires débutent par une toux chez un sujet ayant de plus en plus de difficultés à respirer. La ventilation artificielle est très difficile à cause du spasme qui réduit de manière plus ou moins importante le calibre des bronches. Le sang étant mal oxygéné du fait des problèmes pulmonaire et cardiaque, le patient devient cyanosé, c'est à dire que la couleur de la peau vire du rose au bleu.
Plus rarement, on peut voir apparaître un œdème (un gonflement) au niveau du visage, des paupières ou encore de la glotte.
Au bout de 10 min après l'injection du produit responsable, si les manifestations cardiaques et respiratoires ne sont pas trop importantes, la peau du patient peut prendre une couleur rouge « homard ».

  • L'arrêt cardiaque n'est pas rare. Il peut être secondaire à l'aggravation des problèmes cardiaques et respiratoires mais il peut également apparaître quelques secondes après l'injection du produit.

Un traitement rapide peut faire disparaître toutes les manifestations, cependant un mauvais état antérieur du patient est un facteur de mauvais pronostic. L'évolution d'un accident allergique est parfois spontanément réversible à l'arrêt de la substance responsable.

Les facteurs favorisants les réactions anaphylactoïdes

  • L'existence d'un terrain allergique (rhume des foins, eczéma, asthme) n'est pas un facteur favorisant l'accident allergique, en revanche la gravité serait plus importante chez un sujet « allergique ».
  • L'existence d'une allergie médicamenteuse paraît prédisposer à une réaction allergique aux anesthésiques intraveineux.
  • La spasmophilie est peut être un facteur de risque par hyperréactivité à l'histamine mais également à cause de l'anxiété qui facilite la libération par les cellules de l'histamine.

Les substances responsables

Il s'agit dans 60% des cas des curares, dans 20% des cas du latex, dans 8% des cas des antibiotiques. Les autres produits font partie de nombreuses familles médicamenteuses. Dans les allergies aux curares, il faut noter que généralement les sujets n'ont jamais eu d'anesthésie générale précédemment, donc d'exposition au produit. Pour les curares et le latex, on trouve 2 fois plus de femmes que d'hommes. L'âge moyen des sujets présentant une réaction allergique est d'environ 40 ans sauf pour le latex pour lequel elle se situe autour de 30 ans.

En cas d'accident allergique

Le bilan diagnostic est fondamental pour la sécurité anesthésique ultérieure. En effet, la réutilisation d'un produit auquel le patient est allergique peut entraîner un choc grave voir mortel.
Un patient allergique à un curare doit subir des tests aux autres curares car il existe de nombreux cas d'allergie à non pas un mais à plusieurs produits de cette même famille. De plus, la fiabilité des tests n'est pas totale, l'utilisation d'un curare chez un sujet allergique à un curare sera très prudente si ces produits sont indispensables au bon déroulement de la future intervention.

Quand suspecter une allergie au latex

L'allergie au latex doit être recherchée devant l'apparition d'une urticaire au contact de gants, d'un œdème des lèvres ou des paupières en gonflant des ballons de baudruche, ou encore d'un urticaire ou prurit de la verge ou du vagin lors de l'utilisation de préservatifs, mais également si l'on présente une intolérance à la banane, kiwi, melon, avocat, ananas, noix, châtaigne.

 

Anesthésie du sujet âgé

La consultation d'anesthésie

Elle est bien évidemment essentielle. Elle permet d'évaluer l'état du patient, de prescrire les examens complémentaires pour déterminer le risque opératoire. Le médecin anesthésiste procède à l'adaptation des traitements en cours et choisit la technique anesthésique. Les complications sont dépendantes de l'âge et des maladies du patient, du type d'opération, de son importance, de son caractère urgent.
Il peut être nécessaire de reporter une intervention non urgente. Il existe des médicaments perturbant la coagulation du sang qu'il est impératif d'arrêter : les antivitamines K, l'aspirine, la ticlopidine. Parfois, il faut équilibrer un traitement cardiovasculaire (angine de poitrine, hypertension artérielle). Une préparation nutritionnelle bien conduite corrigera parfois une anémie, une carence en vitamines ou en oligo-éléments. Une préparation respiratoire sous forme d'exercices de kinésithérapie peut améliorer une fonction ventilatoire altérée.
Il est également logique de reporter toute intervention non urgente chez un patient ayant fait un infarctus du myocarde moins de 3 mois (voir 6 mois !) avant l'intervention ou un accident vasculaire cérébral moins de 1 mois avant l'intervention. Un mauvais état dentaire ou la présence d'une infection urinaire peuvent également demander un traitement préalable, en particulier dans les interventions nécessitant la mise en place de matériel prothétique (prothèse de hanche, chirurgie cardiaque).

L'anesthésie générale

Les besoins en produits anesthésiques sont plus faibles chez la personne âgée (de 30 à 50% inférieurs). Les interférences entre les traitements personnels du patient et les produits anesthésiques peuvent également faire modifier certains traitements antihypertenseurs (inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine). La personne âgée est particulièrement sensible au refroidissement, la perturbation de la thermorégulation est principalement liée à l'âge mais aussi aux produits anesthésiques et conditions de l'opération (salle froide, lavage avec liquides froids, large plaie opératoire).
La fragilité de la peau explique l'apparition rapide d'escarres au niveau des points d'appui (talons, sacrum, occiput) sur la table d'opération en cas d'intervention longue.

L'anesthésie loco-régionale.

C'est la technique de choix chez la personne âgée pour les interventions sur les membres, la face (dents, yeux) et partie basse de l'abdomen (prostate…).

Comment choisir entre anesthésie loco-régionale et anesthésie générale ?

Il existe des contre-indications à l'anesthésie loco-régionale comme les troubles de la coagulation, l'infection (locale ou générale). Il faut également tenir compte de la posture pendant l'opération, de la durée, du type d'intervention, de l'état du patient, de la présence de maladies telles que Parkinson ou Alzheimer qui peuvent gêner la réalisation de l'anesthésie et le déroulement de la chirurgie.
Les blocs tronculaires ou plexiques n'entraînent pas de retentissement général. En ophtalmologie, le bloc péribulbaire est très utilisé.
La chirurgie des membres inférieurs est fréquemment effectuée sous rachianesthésie. La réalisation de cette anesthésie demande d'introduire une aiguille entre 2 vertèbres. Cette manœuvre peut se révéler impossible chez la personne âgée à cause de la fusion des vertèbres.
Les céphalées sont tout à fait exceptionnelles chez la personne âgée. Un mauvais état cardio-vasculaire peut faire préférer une anesthésie générale. En effet, l'anesthésie péridurale et la rachianesthésie vont induire des perturbations au niveau cardiaque et circulatoire tels que baisse de tension, ralentissement du cœur pas toujours bien supportées par une personne âgée. Un rétrécissement aortique serré représente même une contre-indication à ce type d'anesthésie. En cas d'intervention longue sous anesthésie loco-régionale, le froid, l'inconfort de la table d'opération, le stress, le bruit… peuvent faire pratiquer une sédation de confort (dose faible de produit anesthésique qui endort le patient de manière légère).

Le réveil

C'est sans aucun doute la phase la plus à risque. Les problèmes cardiovasculaires sont fréquents : poussée d'hypertension artérielle, accès d'hypotension, trouble du rythme cardiaque. L'évaluation de la douleur est parfois difficile chez le vieillard et le traitement de la douleur plus difficile en raison d'une marge étroite de manœuvre. L'utilisation de morphine est souvent problématique, les anti-inflammatoires sources de problèmes gastriques ou rénaux, c'est encore là que l'analgésie loco-régionale prend tout son intérêt. Les anesthésies rachidiennes peuvent se compliquer de troubles urinaires surtout chez l'homme nécessitant un sondage vésical.

Évolution post-opératoire

Les complications cardio-vasculaires, pulmonaires et neuro-psychiques sont fréquentes chez les personnes âgées.
Une décompensation cardiaque apparaît chez 4 À 10% des personnes âgées, la fréquence d'un infarctus du myocarde varie de 4 à 10% dans cette population et survient classiquement entre le premier et le troisième jour post-opératoire. La fréquence des complications broncho-pulmonaires augmente avec l'âge. Les causes les plus souvent évoquées sont l'inhalation du contenu gastrique par altération du réflexe de déglutition, réduction de l'efficacité de la toux, la faible coopération pour la kinésithérapie respiratoire, les maladies pulmonaires, les effets des traitements diminuant la respiration. L'intervention par elle-même joue un rôle majeur.
Les patients souffrent souvent de troubles du sommeil avec perte du sommeil paradoxal. Un état confusionnel est fréquent dans la période post-opératoire. On constate des perturbations de la mémoire, une désorientation et des troubles du comportement. Ces problèmes apparaissent surtout au cours des 4 premiers jours post-opératoires. On peut voir persister des séquelles définitives sous forme d'une altération des fonctions intellectuelles. Il est admis que l'anesthésie loco-régionale (en particulier les blocs périphériques) perturbe moins les patients que l'anesthésie générale. Néanmoins, il est certain qu'outre l'anesthésie, la chirurgie, le traumatisme initial, la perturbation du cycle veille sommeil participent activement à ces troubles.

Conclusion

Le choix entre anesthésie loco-régionale et anesthésie générale repose essentiellement sur une évaluation préopératoire précise des fonctions neurologique, cardiovasculaire et respiratoire et sur le retentissement de ces techniques sur ces fonctions. Seuls les blocs périphériques ont, chez le vieillard un avantage manifeste du fait de leur absence de répercussion générale.